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Bonjour Sébastien, peux-tu simplement te présenter ?

Bonjour ! Je suis un voyageur / polyglotte / auto-stoppeur / couchsurfeur franco-argentin. Je suis co-fondateur de la Caravane des langues et désormais chargé de développement à l’international. Je suis né et j’ai grandi en France en me rendant de temps en temps en Argentine. J’ai vraiment découvert ce pays lors d’un stage étudiant. Je partais pour trois mois, je suis finalement resté un an, en travaillant. Je souhaitais obtenir mon passeport argentin, mais je voulais surtout découvrir le pays un peu plus profondément, vraiment plonger dans la culture argentine. En rentrant en France, j’ai terminé mes études d’ingénieur. Assez vite au cours de mes études, je savais que ce ne serait pas mon objectif d’être, 7h par jour, 5 jours par semaine derrière un ordinateur… Mon diplôme en poche, j’ai donc décidé de vivre quelques temps en Roumanie où j’ai fait des petits boulots. Ensuite, je suis retourné en Argentine pour réaliser un film-documentaire sur la musique et le folklore argentin « Quelle musique tu parles? ».

Avec Daria (la fondatrice de la Caravane des langues), nous avons alors voyagé à deux, notamment en Grèce et en Turquie pendant quatre mois. Je voudrais dire ici qu’il est tout à fait possible de voyager avec peu. Nous, par exemple, nous n’avons dépensé que 1437 euros chacun, vraiment sans se priver, parce que nous privilégions le voyage en stop, le camping ou le couchsurfing… il me semble que c’est ce qui permet de vraiment rencontrer les autres, d’être proche des gens.

Ensuite, nous nous sommes installés à Toulouse et avons commencé à donner des cours de langues. Nos méthodes se sont perfectionnées, nous avons eu de plus en plus d’élèves, et nous avons alors lancé l’entreprise Toulingua au sein de laquelle nous enseignions douze langues!

Assez vite, nous nous sommes rendus compte que nous ne voulions pas toucher que ceux qui étaient déjà dans une démarche d’apprentissage, mais aussi donner la possibilité aux gens pas forcément passionnés par les langues de s’y intéresser. Daria voulait vraiment monter un projet associatif en groupe… ça a donné la caravane des langues ! De nombreux bénévoles ont vite rejoint l’aventure. De mon côté, j’intervenais pour animer les ateliers. Aujourd’hui, Daria et moi avons entrepris un nouveau voyage et nous souhaitons internationaliser la caravane !

Quelles langues parles-tu ?

Je dis que j’en parle onze, mais en fait, ce n’est vraiment pas facile de répondre à cette question… Disons que je compte celles pour lesquelles j’estime que si je passe deux semaines dans le pays je peux tenir facilement une conversation, dériver sur divers sujets (ce qui ne n’empêche pas de chercher des mots et de passer par le geste) ! Pour être précis, je parle cinq langues romanes : le français, l’espagnol, l’italien, le portugais, le roumain ; trois langues germaniques : l’anglais, l’allemand, le suédois ; deux langues slaves : le russe et le serbe, et aussi le grec !

Mais… autant de langues, comment est-ce possible ?

Et bien, parce que j’adore ça ! Je ne vois pas d’autres explications ! Le reste ce ne sont que des moyens pour y arriver, des facilitateurs. Je dirais que je fais comme n’importe qui, qui se donne les moyens d’être bon dans ce qu’il aime. Il faut juste les bons outils.

J’ai aussi grandi avec deux langues, et pour un bilingue, le principe d’une langue étrangère n’est finalement pas si étranger… Ma mère parle également plusieurs langues (cinq), qu’elle a apprises sur le tas, très instinctivement. Ça a été un modèle évidemment. Jamais la question de l’impossibilité d’apprendre une langue étrangère ne m’a traversé l’esprit !

A l’école d’ingénieur, j’ai commencé le japonais, mais j’ai assez vite perdu la motivation. Plus tard, j’ai compris que c’est probablement la méthode d’enseignement qui ne me convenait pas. Et puis à 20 ans, je me suis dit “un jour, je parlerais les principales langues européennes”. Du coup, j’ai commencé à apprendre l’italien sur internet, puis l’allemand. Je suis aussi allé au Brésil : sur place je babillais en espagnol avec l’accent brésilien. Ainsi, je facilitais la compréhension. Je corrigeais au fur et à mesure les mots et au bout de trois semaines mon « portugnol » commençait à vraiment ressembler à du portugais! J’ai fait un peu pareil en Allemagne avec l’italien… Et, j’ai appris le roumain et le serbe avant mes voyages.

J’ai progressivement mis en place une méthode qui s’améliore à chaque nouvelle langue.. Je sais clairement ce qui marche pour moi et ce qui est vraiment important pour aller vite. Je ne perds pas de temps avec ce qui ne sert à rien : je choisis soigneusement le vocabulaire que j’apprends. Concrètement, je n’apprends que des mots dont je vais me servir dans la conversation, celle que je peux avoir maintenant avec le proprio de l’auberge dans laquelle je suis ! Je n’apprends pas un mot que je ne pourrai jamais placer dans une conversation ! Désormais, c’est assez rapide. C’est plus facile d’apprendre quand on sait pourquoi et on retient bien plus vite quand on utilise tout de suite ce que l’on vient d’apprendre.

Par exemple, là je suis en Indonésie depuis 10 jours, et je commence à parler avec les locaux depuis 5 jours… Peu importe ce que je sais, ce que je ne sais pas, je peux déjà parler. L’idée c’est que même si tu ne connais qu’un seul mot, tu peux déjà l’utiliser! Avec très peu de mots, tu peux faire de longues conversations, si tu es à l’écoute, si tu sais chercher dans le dictionnaire le bon mot, celui qui traduit vraiment ta pensée et puis après tu “enrobes“… Ici, c’est particulièrement agréable, les indonésiens ont vraiment envie que tu apprennes leur langue, ils te disent “ah tu dois apprendre ça” etc.

Quelles langues tu voudrais parler demain ?

Je n’arrive pas à apprendre une langue si je ne vais pas dans le pays où elle est parlée… Je dirais quand même que le mandarin, l’hindi, l’arabe, ce sont des langues qui m’attirent vraiment, parce qu’elles ouvrent les portes à des cultures passionnantes. Finalement ce serait peut-être plus facile de dire les langues qui ne m’intéressent pas ! Et en fait, je trouve toutes les langues intéressantes. 🙂

Peu importe la langue, j’ouvre le « Assimil » vers la leçon 60 (assez avancée) et à chaque fois, j’ai la même réaction : c’est impossible, je n’y arriverais pas, c’est tellement mystérieux, comme si les gens avaient tapé au hasard sur le clavier… En fait, assez vite, ça devient plus facile ! Les mots se ressemblent dans une langue, j’y retrouve rapidement une couleur, une homogénéité, des schémas qui se répètent… il faut être accoutumé aux langues, ne pas avoir peur de cet objet.

Et est-ce qu’il y a autre chose que tu voudrais dire à nos lecteurs ?

Le gros problème de l’apprentissage des langues c’est la peur devant l’inconnu, la montagne de difficultés que l’on s’imagine que cela représente.

Points communs des polyglottes :

  1. Toujours se dire que c’est possible

  2. Voir les ressemblances plutôt que les différences

47 % du code génétique humain est identique à celui d’un poireau ! Regardez tout ce que nous avons en commun : les cellules, l’eau qui nous constitue, la capacité de cicatrisation, la conversion des choses pour grandir etc.). Et bien, c’est pareil pour les langues qui ont toutes 99 % de code génétique identique : toutes les langues utilisent le son, une grammaire, des verbes et des adjectifs… Ce qui est vraiment complexe (et c’est heureusement assez rare), c’est quand il y a un nouveau concept ou une notion qui n’existe plus dans une langue. Par exemple, lorsqu’il n’y a pas de mots différents pour dire « bleu » et « vert » ou encore une langue sans aucune expression de la possession (pas de « ma, mon, notre »)… Le reste c’est vraiment plus simple, c’est juste des sons, de nouveaux sons pour un même mot !

Qu’est-ce que tu souhaites à la caravane pour l’avenir ?

Je vois une belle mission à long terme : au-delà de la sensibilisation aux langues, permettre à un maximum de gens d’avoir moins peur… moins peur d’apprendre les langues, de s’y intéresser, de découvrir d’autres cultures, de voyager… Quand tu as moins peur, tu es plus heureux, tout vient, j’en suis convaincu ! Il faut développer la curiosité : si les gens sont curieux, ils affrontent leurs peurs. Je trouve ça assez triste de ne pas être curieux, de s’arrêter à ce que l’on connait. Voilà, c’est l’objectif de la caravane pour moi. Permettre d’avoir moins peur et d’être plus curieux !

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